vendredi 27 janvier 2012

ELLE NE TIENT QU'À UN FIL...


Il marchait quotidiennement avec sa femme sur la plage.  J'ai essayé de lui parler en décembre dernier.  Ne parlait ni français, ni anglais, ni espagnol.  Un Russe.  Barbu comme un pope.  Sa femme ne teignait pas ses cheveux.  Il ne put que balbutier quelques mots d'anglais dont le sens m'échappa. Je le saluai et continuai mon chemin.

Hier, quinze heures, Miguel, le camarero du restaurant Chez Arsenio, est venu me chercher en catastrophe.  On avait besoin d'un médecin sur le plage.  Je ne reconnus point la dame aux cheveux blancs, qui peinait à respirer.  Un corps gisait un peu plus loin.  Mon Russe barbu.  Il ne respirait plus, pas de pouls carotidien, pupilles en mydriase fixe.  Venait de partir chez les morts avec Charon le nocher.  Un quidam me susurra que ça faisait déjà quelque temps qu'on l'avait sorti de l'eau.  L'ambulance arriva, le médecin de l'hôpital aussi.  Il ne put que corroborer l'irréparable.

Les deux Russes avaient lunché Chez Arsenio plus tôt.  Ils étaient heureux.  

La mer était grosse hier à Encuentro.  Les habitués ne se baignent jamais à cet endroit, où trois personnes se sont déjà noyées.  Les vagues sont traîtresses, car le ressac vous emmène au large et vous vous épuisez à vouloir revenir sur la plage. 

La babouchka retrouva son souffle finalement.  Elle s'amena près du corps de son mari.  S'installa en ses deux jambes inertes et entreprit d'essayer de le réanimer, malgré nous.  Elle lui parlait en russe, évidemment.  Il ne montra signe de vie.

Elle ne tient qu'à un fil...

Cl. 

dimanche 15 janvier 2012

DESHABILLER PIERRE POUR HABILLER...





On vient tout juste de me la raconter!


J'écris de Marysol, un hameau québécois caché entre Sosua et Cabarete, sur la côte nord de la République Dominicaine.  Marysol a été construit par des Tremblay «Romaine» de Port-Alfred, il y a de cela plus de 20 ans maintenant.  Ils y ont abouti  sur un rafiot dont les cales étaient bourrées d'épinette baieriveraine, laquelle servit à la construction des bâtiments.  Il y a 11 condos, dont sept sont occupés par des québécois.  La gestion est québécoise, encore...


J'y arrive, Gibus, ne t'inquiète pas! 

Ma voisine était ennuyée par la moustiquaire de sa porte-patio: elle fermait mal depuis un certain temps, il était impossible de la cadenasser.   Elle fit part de son problème à notre gardien de jour, dont je tairai le nom respectueusement.  Il avait une solution «clef en main» à proposer: un ami, fiable, qui viendrait aussitôt et ne coûterait pas cher.  Ma voisine acquiesça sur-le-champ,  ravie et enchantée de s'éviter le démarchage téléphonique habituel.  


Ils s'amenèrent donc.  Deux Dominicains.  Allure débonnaire.  Peu d'outils, car c'est pour ainsi dire la norme en Hispanola.   Démontèrent la pièce métallique qui semblait faire défaut.  Puis la remontèrent.  La porte ne fonctionnait toujours pas.   La démontèrent une autre fois.


Ma voisine patientait, assise dans le salon, lisant à temps partiel, observant ponctuellement les deux énergumènes, dont elle se demandait s'ils connaissaient vraiment leur affaire.  Il lui sembla qu'ils avaient démonté et remonté au moins quatre fois la pièce réputée fautive...  quand ils s'avancèrent dans le salon et lui dirent que tout était réparé.  Effectivement, tout fonctionnait.  Ils demandèrent l'équivalent de dix dollars canadiens, une tarification vraiment peu dispendieuse.  


Quand ils furent partis, ma voisine demanda à notre gardien de lui préciser les finesses de cette réparation.  Celui-ci, de toute évidence mal à l'aise, balbutia:
-Ils ont changé cette longue pièce de métal...
-Où l'ont-ils prise?  Je ne les ai pas vus partir en ville magasiner!
-Euh...  Euh...


Le chat finit par sortir du sac!  Les deux bonhommes avaient transplanté sur la moustiquaire #10 le montant métallique équivalent de la moustiquaire du condo #9!  Avaient déshabillé Pierre pour habiller Jacquôt!  Ma voisine ne sut comment se comporter, tellement l'affaire lui sembla loufoque et improbable.  Sa porte fonctionnait à merveille... mais avec une partie de celle du voisin!   Heureusement, le condo #9 serait probablement inoccupé cet hiver...  Son propriétaire saurait-il jamais qu'il avait été arnaqué à la Dominicaine?  


Tu souris, Gibus?  Tu ris, même?  Garde-toi de tout commentaire teinté de racisme!  Es-tu vraiment sûr et certain qu'il ne s'en passe pas de semblables sur les terres de Champlain et de Jacques Cartier?


Delhorno   


  

dimanche 25 décembre 2011

KEEP CLOSE

Chez Apple.  Carrefour Laval.  A Laval, évidemment.  La deuxième ville en importance de la Belle Province.  La boutique Apple.  Il n'y a que deux boutiques Apple à Montréal.  Celle de Laval et celle de la rue Ste-Catherine Ouest.  


Problème d'ordinateur.  Eh oui!  Même les portables d'Apple tombent malades au moment où l'on s'en attend le moins.  J'avais pris rendez-vous par internet.  Quelle belle façon de procéder!  Pas de téléphoniste, pas d'attente au bout du fil, tu choisis ta date et ton moment.  J'avais rendez-vous à 15 heures, donc.


Il ne s'écrit rien à la main, chez Apple.  Les employés revêtent un T-shirt rouge et déambulent fébrilement, soit avec un iPhone, soit avec un iPad.  Tout le savoir collectif est caché dans ces bidules, que l'on pitonne de l'index.  Une bonne trentaine de commis rouge-communiste dans cette boutique, et...  trop de clients, presqu'une centaine.  Un bruit de fond qui serait intolérable si je n'étais pas si dépendant.  Le MacPro de ma fille ne fonctionne plus, il est encore sur la garantie, j'ai besoin des Bolcheviks rouges d'Apple.


Je m'installe donc devant le «Genius Bar», «le Bar du Génie ou des génies» en français, et scrute les alentours comme un rapace: devant, à droite, à gauche, derrière, à la recherche d'un Octobre Rouge qui daignera s'intéresser à ma personne.  J'accroche finalement cette jeune fille, de rouge elle aussi vêtue:
-Pourriez-vous vérifier si vous avez bien mon nom sur votre liste de rendez-vous?  Claudio Delhorno, mon nom. 
-Oui, je l'ai.  Gardez proche, on va vous appeler.


«Gardez proche»!  Première fois de ma vie qu'on me lance cette mise en garde.  Sans accent anglophone aucun!  Je me dis que ça veut sans doute dire «restez tout près», «ne vous éloignez point», «soyez aux aguets».  Je me demande aussi s'il ne s'agirait pas d'une nouvelle locution française...  Quand on approche comme moi de la septième décade, on se rend compte qu'en bien des domaines, on n'est plus de taille.  «Gardez proche»...  La décadence de ma langue maternelle m'exaspère.  Je suis un produit des années cinquante et soixante.  Les dictées sans faute, le français sans bavure, ça été mon mode de vie, mon souffle, mon être, depuis ce jour de septembre 1950 où Gertrude Tremblay, mon institutrice de première année, m'a instruit de «la souris qui fait i» au collège St-Edouard. 


Tout en restant près du Genius Bar, j'ai cogité en scrutant mon voisinage.  Gardez proche, ça ne pouvait être qu'une traduction littérale, sinon simpliste, de l'anglais Keep close!  Par quel mystère de la vie cette jeune québécoise avait-elle pu en arriver à me lancer ce Gardez proche?  Une sorte de «chiac» qui commencerait à respirer sur l'Île Jésus?


Je puis t'assurer, lecteur, que Gardez proche,  ça ne se dit pas au Saguenay-Lac-St-Jean.


Delhorno      

samedi 24 décembre 2011

24 DÉCEMBRE

Moi, c'est à ma mère que je pense.  Sans elle, Noël n'aurait pas existé.  Elle avait passé tout le mois de décembre à courir un peu partout: les cadeaux, les épiceries, préparer ses desserts, la sauce à spaghetti, la grosse dinde, la sauce aux atocas, le boeuf bourguignon, les beignes, les pâtés de viande, le ménage, les enfants, leurs examens, leurs problèmes,  ceux de Mutt, sans compter l'arbre de Noël,  la crèche et la parenté.


Le 24 décembre, elle s'affairait sans relâche pour que tout soit prêt à temps.  Elle avait de la broue dans le toupette toute la journée.  Mutt ne levait pas le petit doigt, si je me rappelle bien.  Moi non plus, d'ailleurs.  Je n'ai jamais offert à ma mère de l'aider... et je le regrette.  Pas même la vaisselle.  Et nous n'avions pas de lave-vaisselle dans le temps que je vous parle.  Moi, je gérais mon temps libre: du ski peut-être, ou encore du patin et du hockey, ou jouer aux cartes, et mes trois repas par jour.


Tout serait prêt à temps, oui!  Les bains, les habits des enfants, le souper, le ménage et même sa toilette à elle, à la dernière minute, il est vrai, son maquillage, ses bijoux.  Nous irions à la messe de minuit.  Quelquefois, elle n'irait pas, prétextant relaxer un peu, dans la solitude du salon ou ne pas s'éloigner de ce qui se tramait dans le fourneau du poêle.  Nous arriverions de l'église St-Edouard ou du collège vers 1h30 et la fête commencerait.  Sauf la fois que...  DD servirait les trois messes de l'abbé Antoni et n'arriverait qu'à trois heures du matin.  Cette fois-là, je ne l'ai pas oublié, maman perdrait sa contenance.


Débarassés de nos accoutrements hivernaux, nous nous regrouperions dans le salon, autour de Mutt et de maman.  Le sapin de Noël trônait dans le coin de l'oncle Fernand, entouré de dizaines de paquets multicolores.  J'ai toujours eu de beaux cadeaux: des skis, des disques, des livres, d'autres skis, des bottes de ski.  Maman faisait des pieds et des mains pour me trouver LE CADEAU.  Cette année-là, je lui avais mentionné ces deux disques de Sydney Béchet, dans lesquels il racontait des bribes de sa vie trépidante en jouant ses meilleurs morceaux.  Elle était allée à Chicoutimi, chez l'unique vendeur de disques que nous avions dans la région, lequel avait fait venir l'album de Paris.  


Ce serait ensuite le réveillon et ses classiques: des sandwiches décroutés, des pâtés de viande, des poires farcies, la salade au poulet, les ketchups et...  finalement, les desserts, plusieurs sortes, les spécialités de grand-maman Chantal.  Les vins de France, rouges et blancs, étaient d'illustres inconnus alors.  Nous nous coucherions à 4, 5 ou 6 heures du matin.  Heureux!  Merci maman!


PS: Je n'ai pas abordé ce temps où, étudiant à l'université Laval, j'arrivais à Port-Alfred le 23 ou le 24 décembre.  J'étais accueilli comme un roi et traité comme tel... 


Delhorno






lundi 12 décembre 2011

CLUB DE GOLF PORT-ALFRED. LE VIEUX-NEUF. TROU #9



TROU # 9


Au sortir du vert du 8e trou, il nous fallait escalader un coteau dont le sommet surplombait le fairway du 9e; le tee s'y trouvait.  D'un seul regard, nous apercevions tant le fairway que le vert et le chalet blanc du club tout au fond.  Le vert de pratique n'existait pas à cette époque-là.  À gauche du tertre,  la nature avait façonné une curiosité topographique que les vieux appelaient «les fesses à Marie-Ange»...  Evidemment, Marie-Ange n'était jamais là quand le vocable retentissait dans le chalet ou sur le tertre du 9.  Ce n'était pas très gentil pour Marie-Ange, qui, par ailleurs, était l'une des rares joueuses du club.  Je vous parle cependant d'un autre temps...  et j'ajoute que moi je n'ai jamais utilisé cette expression, quoique ne l'ayant jamais oubliée!  Très peu de ceux qui auront la chance de me lire auront gardé ce souvenir dans leur cerveau sexagénaire.


Les temps changèrent et l'équipement de golf évolua.  Le #9, c'était évident, était devenu un par 4 trop facile.  Les édiles du club s'empressèrent de déménager le tertre de mes premières années à cent verges derrière,  là où il se trouve maintenant, d'où il surplombe le terrain de baseball et une bonne partie du vieux Port-Alfred.  La tactique ne varia point toutefois:  il nous fallait encore driver en direction et de préférence un peu à droite d'une grosse roche sise à 90 ou 100 verges du vert.  Elle existe toujours.  Les hookeux retrouvaient leur balle dans le bosquet de gros peupliers qui défendait le rebord gauche du fairway ou encore la perdaient dans le rough des alentours où nos balles étaient introuvables.  Les sliceux, quant à eux, frappaient leur deuxième coup sur le fairway #1.  Les érables de maintenant n'avaient pas encore été plantés, à l'époque, à la frontière des deux fairways.


Les balles ne mordaient point sur le green du #9, alors, et elles n'y mordent toujours pas!  Ça prenait un coup parfait pour putter birdie.  Le vert était gardé par des trappes de sable et personne du club, à ma connaissance, ne savait comment jouer dans le sable.  Vous pouviez briser une belle partie  dans ces trappes.


Les ados que nous étions n'avaient pas accès au chalet en ces années.  Nous redescendions donc à la maison, nos sacs sur l'épaule.  Monsieur Forcade demeurait en face du chalet.  Il avait construit un petit étang dans son parterre, le seul dans toute La Baie, je pense.  J'ignorais alors que, quarante ans plus tard, j'opérerais le fils de monsieur Forcade ainsi que l'épouse de celui-ci...  Simon Larouche, le père de tante Estelle venait de se construire sur le coin de la 3e.  En face, c'était Ernest Gilot.  Puis, monsieur Laberge, le chef Labrie, Edmour Delisle, Gagnon «Black», les Clouston, monsieur St-Hilaire et Jean-Paul Carrier.  Paul-Albert Rasmussen demeurait sur le coin de la 4e rue et de la 5e avenue.  Xavier Truchon, notre voisin immédiat, occupait l'autre coin; il avait coutume de planter un potager dans sa cour arrière, laquelle jouxtait la ruelle qui nous séparait.  Les Truchon avaient quitté Baie St-Paul en même temps que les Dufour, les Lemieux et les Mailloux, à la réouverture du moulin à papier.


La plupart du temps, je descendais la 4e rue fort déçu de ma partie.  Je n'avais pas encore appris -cet apprentissage ne me vint pas facilement- que le golf n'est qu'un jeu, que certains sont plus doués que d'autres et y réussissent plus aisément. A 67 ans, je ne suis pas un meilleur joueur que je l'étais à douze ans.  J'ai corrigé ma slice, certes, mais je lève encore la tête au moment suprême! J'aime encore le golf comme à douze ans et je vis toujours d'espoir.  Un de mes plus grands bonheurs?  Rejouer le Vieux-Neuf de Port-Alfred en compagnie de mes frères.


Delhorno


Anecdote concernant le trou # 9 : en ces temps anciens  , comme il n'y avait d'aire d'exercice, certains joueurs pratiquaient à rebours sur ce vieux 9:  de l'endroit approximatif du vert de pratique , direction la butte menant au vert du # 8 J'étais alors dans la butte en question  avec quelques autres pour  récupérer les offrandes de celui à qui c'était le tour de frapper. Tout à coup , l'un de nous  est atteint par le coup de départ du frappeur !


Questions pour Claude :

Qui a  atteint l'un de nous avec son coup de départ ?

Qui a été atteint par cette frappe ?

Merci pour ce tour descriptif du vieux-neuf
PS  En passant, l'expression les fesses à marie-Ange pour désigner la curiosité topographique à laquelle tu fais allusion est encore usitée .
André




dimanche 11 décembre 2011

CLUB DE GOLF DE PORT-ALFRED. LE VIEUX-NEUF. TROU #8


TROU #8


Le tertre de celui-ci était adossé à la 6e avenue, au nord du vert du #7, c'est-à-dire en aval de celui-ci.  Il nous fallait driver, en direction du chalet, par-dessus le ravin qui séparait les 3e et 4e trous, par-dessus le fairway du #3,  et repasser ensuite la passerelle de bois dont je vous ai parlé plus tôt.  Le problème, c'était justement le ravin. Il intimidait les néophytes timorés que nous étions.  Que de balles perdues!  Que d'espoirs anéantis!


Sur la gauche, au-delà du ravin dont je viens de parler et de l'entrée du vert #3, il y avait un autre ravin qui débouchait sur les terrains de tennis de maintenant,  suivi du «rough» du 8: c'était le duché des hookeux.  A 200 verges, sur la droite, il y avait et il y a toujours un autre «rough» ainsi qu'un bosquet de trembles destinés aux sliceux.


Le green du 8 s'enfonçait derrière un monticule oblong qui faisait la largeur du fairway.  On avait rallongé la tige du drapeau de façon que nous ayions une cible à viser.  Cette topographie n'a point changé aujourd'hui.  Le trou semblait facile...  Il ne l'était qu'en apparence, car le vert penchait encore une fois vers la rivière à Mars et ne retenait pas les balles.  Il ne les retient toujours pas d'ailleurs.  Un vert pour les «tripoteux»...


Le #8 de mon enfance est devenu le #17 de maintenant.  Il a peu changé, sauf qu'on a comblé le ravin et démantelé la passerelle.  Je me demande encore pourquoi...  Le pittoresque a été enseveli.


Mutt, quand nous serions plus vieux, nous regarderait driver sur le tertre du 8,  puis s'en retournerait à la maison.


Delhorno

samedi 10 décembre 2011

CLUB DE GOLF DE PORT-ALFRED. LE VIEUF NEUF-TROUS. TROU #7




TROU #7




J'ai connu un homme qui pourrait j'en suis sûr te parler de ce petit par 3, s'il était vivant.  Il travaillait en compagnie de Mutt sur les machines à papier.  «Papermaker»!  C'est ce que répondait mon père quand on lui demandait son métier.  Réal Dumas, c'était le nom de cet homme.  Il avait construit sa maison juste en face du trou #7 sur la 6e avenue, et c'est ce qui lui donna le goût du golf!  Son fils Carl s'en rappelle peut-être.  Mais il était bien jeune.  DD, Léon Bergeron, Mathias Rouleau, certains Delisles, parmi les plus vieux, sont susceptibles de ne pas l'avoir oublié.  Et je suis certain que Léon Dahl s'en rappellerait lui aussi si on lui rafraîchissait la mémoire...


Le 6e trou terminé, nous retournions sur nos pas en longeant le fairway du 6e pour nous rapprocher de la 6e avenue, où se trouvait le tee du 7.  Un par 3.  Quelque chose comme 140 verges, car je choisissais toujours un fer 7.  Donc, tant le tee que le court fairway et le vert étaient bordés à gauche par la 6e avenue.  Sur la droite, il y avait le vert du 6e et l'entrée au vert.  Quelque temps plus tard, les penseurs du club ajouteraient un étang entre le tee et le green pour rendre l'affaire plus difficile.  Je pense que  cet étang était nourri par le ditch qui séparait le fairway du 6e.  Le par 3 #7, dont je n'ai jamais connu l'histoire ancienne, ne vécut pas très longtemps et certainement pas au-delà des années 70.  Il fut éliminé quand on réaménagea les trous #4 et #5 et qu'on ajouta le #6 actuel.


Au temps que je vous parle, c'était une normale facile, dans le sens que, si vous évitiez le hook, le pull et le pull-hook, vous vous en sortiez relativement bien.  Le vert était légèrement concave, le gazon presque toujours parfait.  


Mutt était venu me voir jouer un matin.  Je frappais bien la balle cet été-là.  Quand je le vis me regarder m'élancer avec mon fer #7 à tige de bois, je me dis que je lui donnerais un bon spectacle.  Je frappai la balle avec autorité.  Elle se mit à hooker, atterrit dans la rue et descendit jusqu'au terrain de baseball.  Dieu que j'étais déçu.  Mutt s'approcha:
-Elle était bien frappée, pourtant!  Montre-moi ton bâton.
Il remarqua ce dont je ne m'étais pas aperçu: la tige était partiellement cassée dans le sens de la fibre de bois et ça faisait anguler la cuiller vers la gauche au moment de l'impact.  Pas longtemps après, nous irions chez Sears à Chicoutimi et Mutt nous achèterait chacun un sac de golf.  Le mien était vert foncé.  J'ai oublié la couleur de celui de DD.  J'ai conservé mon sac vert une bonne dizaine d'années, le remplaçant à 22 ou 23 ans par un beau sac de cuir rouge-vin avec des bâtons en aluminium.  Ce qui  ne m'empêcherait pas de slicer dans les moments les plus inappropriés.  


Un autre souvenir.  Marcel.  Quelques années plus tard.  Pour le championnat du club.  Avait-il 16 ou 17 ans?  Nous étions aller le voir arriver au 7e,  Mutt et moi.   Il était confronté à Jacques Tremblay, lequel devait bien avoir 55 ans alors.  Je revois encore  les images... 


Delhorno


Après avoir été jadis le caddie de Jean-Guy Talbot à Arvida, je fus celui de Marcel lors de ce fameux match.
Anecdote d'un autre ordre: un golfeur au coup de départ unique ( je n'en revis jamais de toute ma vie ) en ce que la balle à la trajectoire    très basse au départ  se mettait ensuite à prendre la direction du ciel, était également renommé pour son caractère bouillant : il at déjà jeté sac et bâtons dans ce lac . De qui s'agit-il ?
André